La 7ème édition de L'Echappée Noire, à Grenoble qui s'est déroulée du 5 au 11 octobre, a traité cette année du thème du vampire dans la littérature. Pour l'occasion, Jean Marigny, infatigable chercheur, sorte de Van Helsing toujours sur le qui-vive, ayant consacré la majeure partie de ses recherches sur ce thème, était l'invité-à-rencontrer, avec l'auteure Jeanne Faivre d'Arcier.

Hélas, n'ayant pas autant de temps que je le voudrais, je n'ai pu assister qu'à une conférence du Monsieur. Et là, entourée de jeunes (et moins jeunes), de journalistes, de photographes, de représentants du Maire, c'est l'Illumination. Mais cet homme-là, je le connais !

Ni une, ni deux (enfin j'ai quand même attendu la fin de la conf'), je retrouve son nom dans un "vieux" grimoire qu'un vieil ami chasseur de vamp... bouquin que l'ON m'a prêté et que j'aurai du lire depuis belle lurette :

vampires

C'était donc l'occasion.

Un peu réticente avant de commencer sa lecture, j'en suis ressortie agréablement surprise. Pas d'histoire de vampires à la Anne Rice, que l'on retrouve dans toute la littérature bit-lit, et qui, de ce fait, n'est plus du tout originale. Ouf !

Dans l'ensemble, les nouvelles sont inégales. Certaines géniales, même si pour quelques-unes, j'ai noté quelques faiblesses, et d'autres auxquelles j'ai moins accroché.

Estelle Valls de Gomis présente des auteurs connus et d'autres moins.

Le recueil s'ouvre avec un extrait de Varney le vampire ou le festin de sang. Un roman-feuilleton à la paternité floue qui revient à ... 2 hommes : James Malcolm Rymer ou Thomas Preskett Prest. En fait, on ne sait pas vraiment qui écrivait cette histoire interminable qui en devient ennuyeuse. A noter que ce roman n'a pas été traduit en France dans sa totalité... Avis aux amateurs calés en anglais. ;-)

Les 2 nouvelles qui suivent, Confessions de Charlotte Bousquet et Promenade d'immortel de Meddy Ligner, envisagent la figure du vampire dans deux voies différentes, l'une relate le thème de la vengeance dans une Venise de la Renaissance, l'autre celui de la possibilité de vivre une vie de vampire, tout en restant humain.

Dans plusieurs nouvelles, le vampire revêt la forme d'un collier (Le legs de Tonie Paul que je n'ai pas aimé, le personnage principal étant, à mes yeux, plutôt "creux"), Conscience minérale de Géraldine Blondel (une pure merveille !), Souvenir des Carpathes de Olivier Gay, dont la chute est prévisible mais l'histoire à la fois ironique et horrible.

Et mes coups de coeur : A fool there was (1915) de Héloïse Jacob; une nouvelle trop courte, dans l'ambiance décadente du début XXème siècle, où un homme raconte sa rencontre avec une vamp, une actrice merveilleuse, pas si fréquentable que ça ... La soif de la glèbe de Franck Ferric dont l'action se situe durant la première guerre mondiale, en France et où le lecteur suit un soldat "promu" au grade de fossoyeur. Malgré la guerre, l'ennemi se situe parmi eux. Ici le vampire se rapproche du mort-vivant (zombie j'entends). L'écriture est fluide et imagée, une histoire frissonnante. Enfin mon dernier coup de coeur va à ... Jean Marigny évidemment avec L'attente de l'aube. Ici, la seconde guerre mondiale se termine et notre héros, résistant, revient, gaiement, auprès de ses proches, plus particulièrement de sa femme. Malheureusement, sur le chemin, il rencontre des nazis qui ne lui laisseront aucune chance. Comment devient-il vampire ? Rien n'est expliqué mais l'intérêt de l'histoire se situe ailleurs. C'est émouvant, dramatique.

D'autres auteurs figurent dans ce recueil : Sire Cédric, Maupassant, Denis Labbé, Lucie Chenu dont les preuves ne sont plus à faire mais cet avis n'engage que moi. :-)

En conclusion, on passe un très bon moment à la lecture de ses histoires, qui décrivent chacune (ou presque) une facette différente du vampire.