Lady Hunt de Hélène Frappat, lu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire organisés par Priceminister. Un merci tout d'abord pour proposer une telle opération et la rapidité de l'envoi (dans ma boite aux lettres alors que je venais à peine de lire le mail qui expliquait que les livres venaient d'être envoyés !). Bref, personnellement, cela me permet de découvrir des auteurs vers lesquels je ne me serai sans doute pas tournée. En l'occurence ici, Hélène Frappat dont je ne connaissais absolument pas l'oeuvre.

Lady-Hunt hélène frappat

L'histoire selon la 4ème de couv' (attention, résumé tronqué) :

" Laura Kern est hantée par un rêve, le rêve d’une maison qui l’obsède, l’attire autant qu’elle la terrifie. En plus d’envahir ses nuits, de flouter ses jours, le rêve porte une menace : se peut-il qu’il soit le premier symptôme du mal étrange et fatal qui frappa son père, l’héritage d’une malédiction familiale auquel elle n’échappera pas ? D’autres mystères corrompent bientôt le quotidien de la jeune femme, qui travaille pour une agence immobilière à Paris - plus un effet secondaire qu’une carrière. Tandis qu’elle fait visiter un appartement de l’avenue des Ternes, Laura est témoin de l’inexplicable disparition d’un enfant."

Mon avis : 

Le texte est à la première personne et au présent. Je sais que certaines personnes craignent ces deux éléments. Ce n'est pas mon cas. L'écriture d'Hélène Frappat est simplement magnifique, débordant de poésie. Des références sont faites à la légende arthurienne (le prénom de l'enfant Arthur, la poésie de Lady of Shalott d'Alfred Tennyson). 

Oui mais point trop n'en faut ! Si ma première impression était assez bonne, le reste de la lecture l'a lentement et doucement remplacée par un sentiment intense de confusion.

La poésie égare le lecteur. Plutôt devrais-je parler en mon nom : tout est vu comme si nous nous situions, avec le personnage principal, derrière un écran de fumée, comme dans un rêve. De ce fait, j'ai plus "subi" des changements de scènes sans réellement comprendre où nous nous trouvions au niveau géographique. Toutes les maisons, les lieux se mélangent.

La transition entre les chapitres n'est pas toujours pertinente, beaucoup trop de passages sont "tronqués", ce qui a contribué à me perdre. Je pense notamment à la fin du livre dont l'intensité monte graduellement jusqu'à atteindre ... rien... Aucune apogée. Effet soufflé loupé. 

Pourtant le résumé laissait présager un très bon moment de lecture, particulièrement cette phrase "elle (Hélène Frappat) réinvente dans Lady Hunt le grand roman gothique anglais, et toutes les nuances du sortilèges." En exagérant très peu, oui on retrouve les thèmes du roman gothique transposés à notre époque : une maison qui hante notre personnage (l'équivalent du fameux manoir qui retient captives les héroïnes des romans noirs), le Régisseur dont on ne sait absolument rien (plus ou moins un héros des temps modernes), le Patron (qui pourrait être un des méchants de l'histoire : il trompe sa femme avec Laura), sa femme qui connaît une vie pénible et misérable (rejetée par son mari et alcoolique), et surtout l'histoire avant l'histoire, celle des parents, de leur "malédiction", le drame familial qui rejaillit sur notre personnage et sa soeur.

Le livre ne donne aucune réponse, allant jusqu'à taire certains éléments développés au cours des 96 courts chapitres. La soeur de Laura porte-t-elle le gêne de Huntington, cette maladie dégénérative et héréditaire que leur père a développé ? Qu'en est-il du mystère qui entoure l'attitude du compagnon de sa soeur ? Et d'où sort le Régisseur ? Pourquoi le jeune Arthur combat les maisons maléfiques ? etc ... Le fantastique vient-il vraiment d'une malédiction ?
On pourrait penser que l'histoire se situe à la limite du réel et du rêve et joue sur l'ambivalence maladie/réalité. Rassurez-vous, à cette question-ci la fin du roman répond.

En conclusion :

Je pense que je n'ai pas appréhendé le livre comme il le fallait, que je n'ai pas compris le message de l'auteure. Je ne suis pas arrivée à m'identifier au personnage que je n'ai d'ailleurs pas aimé. Certains aspects m'ont toutefois plus, mais ceux-ci n'ont malheureusement pas été développés. Lady Hunt a quand même attisé ma curiosité et c'est sans a priori que je me pencherai sur un autre ouvrage de la dame.

rentree-literaire2013