la séance

Voici un livre que l'on m'a offert en décembre dernier et qui ne sera pas resté très longtemps dans ma PAL. La couverture est magnifique, on retrouve sous forme de silhouettes des éléments importants à l'histoire. Le livre a été édité en France en 2010, dans la collection NéO, aux éditions Le cherche midi, boîte d'édition que je ne connaissais pas.

L'histoire

Il y est question d'une jeune fille, Constance Langton, plus ou moins rejetée par ses parents (un père complètement indifférent et absent, une mère qui n'arrive pas à faire son deuil de sa deuxième fille morte à l'âge de 2 ans) qui va se retrouver à la tête d'un héritage important : le manoir Wraxford à la sinistre réputation. Les précédents propriétaires sont soient morts, soient disparus. Constance, par l'intermédiaire de John Montague, un notaire et avec l'aide d'un groupe de chercheurs septiques en spiritisme, va se retrouver au coeur d'une enquête et devra mettre à jour des machinations et rétablir la vérité. En possession du journal intime de la propriétaire précédente, Eleanor Wraxford, disparue avec son enfant, Constance va pouvoir lever la lumière sur les mystères qui entourent la demeure.

Ce que j'en ai pensé

Le livre est formé sur une alternance de point de vue. De ce fait, on a  une histoire dans l'histoire. La première s'installe avec le récit de Constance (le premier récit) qui reçoit la visite de John Montague (le deuxième récit) qui sert de transition au troisième récit, le journal intime d'Eleanor Unwin qui devient, dans la quatrième partie, Nell Wraxford. John Montague continue l'histoire et pour le dernier acte, le lecteur est de retour aux côtés de Constance et on assiste à l'enquête proprement dite.

Jusqu'ici pas d'originalité puisque cette alternance de points de vue et d'histoire dans l'histoire sont des ingrédients des livres du genre : La dame en blanc de W. W. Collins, Melmoth de Charles Robert Maturin, Les elixirs du diable de Hoffman, etc.

On retrouve d'autres éléments conventionnels du roman noir : le manoir délabré, le spiritisme, l'hypnose, les mystères qui se retrouvent expliqués de façon rationnelle, un peu à la Anne Radcliffe et Les mystères d'Udolphe.

Le roman noir ou gothic novels est vraiment un genre que j'apprécie particulièrement. Par contre, je pourrai lui reprocher ses personnages un peu stéréotypés. Dans La séance on n'en est pas, toutefois, aux caricatures de Anne Radcliffe : dans Les mystère d'Udolphe son héroïne est sans cesse en train de s'évanouir, voire de chercher une chaise ou un lit dans l'optique d'un évanouissement ... mouais, peut-être que dans ses autres romans ses personnages ne sont pas autant fades.
En tout cas, ici Constance et Eleanor sont des femmes sensibles et indépendantes, qui s'évanouissent par deux fois il me semble, mais pas à chaque page et quel soulagement de voir que John Harwood n'a pas repris cette thématique !

L'intrigue demeure prévisible.

Au final, j'ai quand même passé un bon moment. L'écriture est fluide. Le livre se lit, du coup, très vite. Les passages à suspens sont bien ficelés. C'est un bouquin dans la pure veine des gothic novels et cela en fait, pour moi, un coup de coeur malgrè ses défauts.

Petit plus : Au cours de cette lecture, m'est revenue en tête une nouvelle, qui lui ressemble de part son sujet (l'hypnose) de Maurice Renard Le rendez-vous qui est géniale, pas moins. Si vous avez la possibilité de la lire, foncez !

Dans le cadre du Challenge Victorien organisé par Arieste

victorien 2013