Quand on s'intéresse au Londres victorien, il n'y a, à mon goût, pas assez d'études à prix accessible. On peut appréhender cette époque à partir de littérature classique, policière, fantastique, (Wilkie Collins, Anne Perry, Dickens, etc.) ou traitant de Jack l'éventreur, qui, hélas, ne répond pas tout à fait à mon désir d'en savoir plus sur la société en elle-même. Car ce qui m'intéresse, ce n'est pas la bonne société victorienne, c'est ces comportements que l'on relègue volontairement dans l'ombre, ceux qui se tapissent dans les quartiers nauséabonds de l'East End, qui constituent les bas-fonds de la ville.

les bas fonds de londres

Édité une première fois dans les années 1970, les Editions Tallandier le rééditent en 2007. De façon détaillée puisque s'appuyant sur des compte-rendus de témoignages, Kellow Chesney, historien britannique, fait, tour à tour, revivre les différentes branches qui constituait la pègre criminelle d'alors. Pickpockets, nomades, cambrioleurs, receleurs, mendiants, pègre sportive, prostitution.

Chesney met en avant leur modus operandi, livre des anecdotes. A cette lecture, on ne peut s'empêcher de faire des rapprochements avec notre société actuelle, notamment par l'exemple des mendiants qui avait recours à quelques trucs et astuces, utilisant du savon et du vinaigre, pour avoir l'air blessés (de nos jours, on mime plus souvent la surdité, les habitués de la sncf reconnaîtront ;-) ). Ou bien de réels mutilés qui ravivaient leurs blessures cicatrisées. Ou encore ces femmes qui faisaient la manche accompagnées de leurs enfants. Ou ces enfants envoyés pour travailler en tant que ramoneurs en risquant leur vie dans quelques cheminées bien trop étroites. Des lois ont commencé à voir le jour sous le règne de Victoria pour empêcher de telles situations. Et c'est également ce que le livre met en avant : l'évolution d'une société entre révolution industrielle et contestation sociale.

On découvre que les femmes, pauvres, sont mises à contribution dans pas mal de branches de la pègre. Elles servent plus souvent de complices aux pickpockets ou receleurs bien qu'elles pouvaient également exceller dans ce domaine. Beaucoup se prostituaient et il suffisait parfois de peu pour se retrouver fille de joie.

En bref, et afin de ne pas raconter les mille et une anecdotes constituant ce livre socio-historique, je conclurai que ce bouquin, très fouillé, est une bonne référence pour qui veut connaître la vie qui grouillait dans les bas-fonds de Londres. Pas mal de références d' Oliver Twist sont rapportées. De ce fait, je compte rajouter ce roman à ma whislist.

Par contre, j'émets quelques réserves sur certains points : il n'est fait aucune mention de Jack l'éventreur si ce n'est dans le résumé (autre argument qui m'avait poussée à l'achat de ce petit pavé). De plus, il y a énormément d'erreurs, des virgules qui se promènent notamment, qui rendent la lecture, déjà pas facile puisque contexte sociologique, pénible.

Lu dans le cadre du dimanche victorien, organisé par Arieste.

dimanche victorien