la planete aux vents de folie zimmer bradley

Une vieille histoire me lie avec Marion Zimmer Bradley. Je l'ai connue, au détour d'un rayon dans une grande chaîne de librairie, aujourd'hui disparue, alors que j'étais au lycée et que je m'intéressais à la légende arthurienne. Les trois tomes des Dames du lac qui s'inscrivent dans une fresque plus grande Le cycle d'Avalon m'avaient séduite. Cela a été mon premier contact avec Bradley que j'ai suivi par la suite un peu de loin. J'ai ainsi découvert qu'elle avait également écrit un grand cycle de science-fiction que beaucoup considèrent comme un chef d'oeuvre, puisque mélangeant les genres : La romance de Ténébreuse. Récemment Pocket a réédité l'intégrale dans un volume de 995 pages. Un chouette pavé entrevu en magasin. Il était donc temps pour moi de m'y mettre. D'autant plus que le roman qui ouvre cette série La planète aux vents de folie est très court, environ 200 pages.

L'histoire est des plus simples : un astronef, transportant quelques 200 personnes (équipage et colons) quitte la terre à la recherche d'une planète habitable. L'histoire commence lorsque l'astronef est dévié de sa trajectoire spatiale et s'écrase sur une planète un peu près identique à la Terre. Les survivants vont s'organiser mais s'opposer également sur un point particulier : faut-il réparer le vaisseau ou bien s'installer définitivement sur la planète ? Certains choisissent de rester tandis que d'autres ont du mal à admettre qu''il leur sera matériellement difficile de repartir. Un groupe composé de scientifiques va devoir explorer cette planète pendant 10 jours. Ceux-ci vont être à la merci de la météo de cette planète et plus particulièrement d'un certain vent porteur de pollens dont les effets peuvent être dévastateurs, mais permettront également aux hommes d'accéder à des pouvoirs extra-sensoriels, voire paranormaux.

Je ne m'y connais pas énormément en science-fiction. Par contre, ici, il n'est pas possible de cantonner le livre dans une catégorie particulière. Oui, le bouquin commence avec un vaisseau qui s'écrase, des humains qui découvrent un monde dans lequel une autre espèce humaine vit. Or, les côtés fantastique et fantasy sont également là. Que penser de cette espèce humaine qui ressemble à des elfes ? De ces chansons celtiques que les survivants se chantent ? De ces étranges pouvoirs qu'il faut parvenir à maîtriser ? Tous les genres de l'imaginaire se mélangent et s'accordent.

Cependant, je n'ai pas réussi à m'identifier aux personnages. Tous acceptent trop facilement, selon moi, leurs nouvelles conditions. Les féministes (et toutes les femmes présentes sur le vaisseau) enchainent grossesse sur grossesse pour repeupler ce monde. Evidemment, elles résistent un peu, je ne veux pas exagérer non plus, mais pas assez. J'aurai préféré des personnages un peu plus têtus. Les scientifiques deviennent de simples jardiniers, tentant d'oublier leur précédente vie (attention, je n'ai rien contre les jardiniers ni les scientifiques). Le capitaine essaie d'enregistrer toutes les connaissances que les hommes ont accumulé depuis des siècles pour finalement se dire qu'il vaut mieux que sur ce monde-ci, les hommes repartent d'un bon pied sans faire les mêmes erreurs commises sur terre.

La fin a l'air optimiste, voire utopiste (j'imagine que vous aurez compris que j'aime quand il y a des larmes hein :-p).. Quand je pense à la suite, je me demande ce qu'il pourrait bien se passer. Quand tout est déjà niquel... que faire sinon le saborder ?
Je pense toutefois, au vue du format très court de ce roman, qu'il ne faut pas se fier à mon impression. On vit quand même pas mal de choses, peut-être trop rapidement.

Ce roman-ci est le prélude au reste de la série, bien que Bradley n'ait pas écrit les romans dans l'ordre chronologique. J'imagine que je ne resterai pas sur ces mauvaises impressions en lisant la suite. Si cette série est un chef d'oeuvre, il doit bien y avoir une raison. :)