Souvenez-vous, il y a quelques semaines, j'avais écris un article sur une opération Priceminister, une BD, une critique.

priceminister festival bd

 
Je n'avais pas indiqué quelle BD j'avais choisi parmi le choix proposé. Et bien, suspense ... Enfin, très peu, voire pas du tout.

J'avais opté pour Hors-Zone de Blexbolex, édité chez Cornélius. Reçu il y a quelques jours, je l'ai simplement dévorée.

hors zone blexbolexCe n'est pas une BD traditionnelle : chaque page est constituée d'une image et d'un texte en bas de page. L'histoire quant à elle, est découpée en chapitres. 

Ce livre est la suite de Crimechien de Blexbolex également, or il n'est pas nécessaire de lire ce premier tome pour "comprendre" celui-ci (ouf tant mieux, car je l'avais choisi en pensant que c'était un one shot). L'histoire peut se lire de façon complètement indépendante.

Mais d'abord, de quoi est-il question ?

C'est un homme qui se suicide. Le reste est un cauchemar, c'est la hors-zone, une Alice au pays des merveilles hallucinée, où l'auto-destruction permet d'accéder au cauchemar suivant.
Notre héros, qui présente le profil de Tintin, se fait malmener et tente de survivre dans ce "monde" apocalyptique, étrange. On le suit à travers ses pensées, le texte étant écrit à la première personne du singulier. On est là quand il doute, quand il devient fou, désabusé.

Les idées sont sombres, violentes. La lecture m'a fait penser aux BD de Charles Burns (Toxic, La ruche que l'on doit à Cornélius également).

Les images sont troublantes, mettent parfois (souvent ?) mal à l'aise. Elles se rapprochent du fauvisme. Certaines personnes peuvent être rebutées tant ces illustrations sont singulières. Seulement quelques couleurs (rouge, vert, bleu, blanc) et des formes, sans détails : les personnages n'ont pas de visage.

En conclusion : je ne connaissais pas Blexbolex. Choisir sa BD, c'était partir à l'aventure et une fois lue, je me rends compte que je ne me suis pas trompée. On voyage dans l'esprit déglingué du héros, on vit son cauchemar. Le moment où il quitte la vie.

Un cauchemar éveillé, violent, tordu, qui mène on ne sait où.