« Nous ne sommes jamais très loin de ceux que nous détestons. Pour cette même raison, nous pourrions donc croire que nous ne serons jamais au plus près de ceux que nous aimons. »

Ça commence comme ça. Et j'ai tout de suite accroché.

On assiste à l'arrivée d'un « climatologue » irlandais, dont on ne connaîtra pas le nom, sur un îlot perdu, situé dans l'Atlantique sud. Là-bas, il devra rester un an, jusqu'à ce qu'un autre homme vienne le relever de ses fonctions et prendre sa place. Lui-même vient relayer le précédent climatologue. Or nulle trace de lui sur l'île... Les seuls contacts humains seront avec Batis, l'autre homme qui réside de l'autre côté de l'île et qui se cloître dans son phare en même temps que dans un mutisme obstiné. Est-il fou ? Sans doute, d'autant qu'au cours de la première nuit, le narrateur doit faire face à une horde de créatures affamées.

Un huit-clos prévisible mais dont les idées humanistes se développent au fil des pages. Le côté horrifique est un prétexte à se poser des questions sur nous, sur l'autre. Les nuits sont effrayantes à lutter pour sa survie et contre soi-même également; il est sans doute plus facile de sombrer dans la folie que de lui résister. Véritable bijou, une fois la dernière page refermée, le livre continue de résonner dans votre tête.

Je n'en dirai pas plus : c'est un livre qui se vit plutôt qu'il ne se raconte. :)